Dans un derby électrique au stade Metropolitano, un ciseau splendide de Casemiro (16e), un penalty de Sergio Ramos (42e) et un but en contre de Gareth Bale (74e) ont offert la victoire au Real, malgré l'égalisation d'Antoine Griezmann (25e). L'Atlético a fini à dix après l'exclusion de Thomas Partey pour un second carton jaune (80e).

"Nous avons joué en équipe, en étant solides dans tous les aspects. C'est probablement notre meilleur match de cette partie-là de la saison, depuis décembre", a savouré l'entraîneur merengue Santiago Solari.

Son Real (2e, 45 pts) en profite pour doubler l'"Atleti" (3e, 44 pts), qui reste sur deux inquiétantes défaites d'affilée et pourrait laisser s'échapper en tête le FC Barcelone (1er, 50 pts), en déplacement dimanche à Bilbao.

"Aujourd'hui, l'adversaire a été meilleur que nous, avec plus d'impact, a reconnu l'entraîneur rojiblanco Diego Simeone. Nous devons rapidement essayer de nous relever."

Au Real, cette embellie en Liga arrive au meilleur moment pour l'équipe triple tenante de la C1, qui affronte mercredi l'Ajax Amsterdam en huitième de finale aller de l'épreuve européenne.

"Le Real est favori vu le poids de l'histoire, au-delà de notre bonne forme du moment", a prévenu Solari, qui a rajeuni le Real et redressé sa trajectoire en à peine cent jours.

Rats en peluche

Samedi, son onze a réussi ce qu'aucune équipe n'était parvenue à faire cette saison: battre l'Atlético dans son bouillant stade Metropolitano.

Pas facile d'être la tête de Turc de cette enceinte de 68.000 places qui accueillera début juin la finale de Ligue des champions! Pris pour cible, le gardien Thibaut Courtois a vu ce qu'il en coûtait de passer à l'ennemi merengue après avoir joué trois ans avec les "Colchoneros".

Sifflé, conspué, le portier international belge a essuyé avant la rencontre une pluie de rats en peluches, un animal dont le nom ("rata") est synonyme de traître en Espagne.

Dans cette ambiance brûlante, le spectacle a été à la hauteur: dès la 16e minute, le Real a ouvert le score avec la manière sur un ciseau acrobatique de Casemiro.

Mené sur son terrain, l'Atlético a réagi grâce à Antoine Griezmann (25e). Le Français a inscrit son neuvième but sur ses dix derniers matches officiels avec un sang-froid absolu, glissant le ballon entre les jambes de Courtois après une perte de balle de Vinicius, peut-être victime d'une faute au passage.

La folle semaine de Vinicius

Mais le jeune ailier brésilien (18 ans) s'est largement rattrapé au bout d'une semaine folle: après un premier clasico remarqué mercredi (1-1 en Coupe du Roi), Vinicius a encore fait admirer son audace et sa vitesse dans un match couperet.

A nouveau préféré à la star galloise Gareth Bale, le Brésilien a fini par obtenir un penalty controversé, bien que validé par l'arbitrage vidéo (VAR).

Ramos a transformé (42e) pour redonner l'avantage au Real, globalement dominateur dans le sillage de son Ballon d'Or Luka Modric. Le Croate a d'ailleurs été passeur décisif sur le troisième but, inscrit par un Bale revanchard (74e).

A l'Atlético, on remâchera longtemps l'égalisation refusée à Alvaro Morata pour un hors-jeu difficile à distinguer (54e).

Face à son club formateur, l'ancien avant-centre merengue a signé un lob impeccable et laissé éclater sa joie... avant de voir l'action invalidée via la VAR. Et l'arbitre n'a pas bronché quand Morata s'est écroulé dans la surface, sur un croc-en-jambe apparent de Casemiro (68e).

C'est un net coup d'arrêt pour l'Atlético, qui va devoir réagir rapidement: la Juventus Turin, son adversaire en C1, viendra au Metropolitano le 20 février. Et la forteresse n'est plus imprenable...