En résumé sans la vente de joueurs, le club dont l'homme d'affaires Marc Coucke vient de faire l'acquisition, et dont les clés lui seront officiellement remises le 1er mars, serait non seulement incapable de garder son budget en équilibre, mais plongerait loin sous la ligne de flottaison. Ce qui ne serait forcément pas accepté par la Commission des licences.

Des chiffres ? Un déficit d'exploitation de 42 millions d'euros à l'issue de la saison 2016-2017 (durant laquelle Anderlecht n'a pas participé à la très lucrative Ligue des Champions, ndlr), pendant que le rival brugeois serait dans le même temps en positif, à hauteur de 4,5 millions.

Les causes de cette plongée seraient les trop grosses commissions versées aux agents, et surtout l'explosion des salaires depuis une dizaine d'années. Seize millions de plus qu'à Bruges annuellement, et une pression de 106 %, qui autrefois ne dépassait pas les 50 %, alors que la norme maximale pour une entreprise est de 60 pc.

Le manager des opérations Jo Van Biesbroeck n'en disconvient pas. Mais Anderlecht n'avait selon lui "pas le choix", s'il entendait préserver son statut de figure de proue du football belge, et surtout demeurer compétitif à un honnête niveau sur la scène europénne.

"C'est dans ce domaine qu'il fallait en priorité investir pour rester sportivement à niveau", explique-t-il. "D'ailleurs même comme cela, l'écart avec les salaires en vigueur dans les championnats européens majeurs ne cesse de se creuser. Ce qui nous oblige à constamment tenter de s'adapter, et coûte effectivement très cher..."

Bref les rentrées "normales" (ventes de tickets, busines seats, sponsoring, gains sportifs) seraient largement insuffisantes pour couvrir les frais salariaux et autres.

Ce qui expliquerait l'exode auquel on a assisté cet hiver. Même si à part le capitaine et buteur algérien Sofiane Hanni, dont le départ pour huit millions au Spartak Moscou, souhaité par les supporters, a en partie été compensé par l'arrivée du Japonais Ryota Moriaka, dont coût 4 millions, les joueurs cédés n'étaient pas ou très peu, à l'image de Nicolas Stanciu et Hamdi Harbaoui, utilisés par l'entraîneur Hein Vanhaezebrouck.

Lukasz Teodorczyk est par contre finalement resté.

Et le président toujours en exercice Roger Vanden Stock s'est fermement opposé à la vente de Leander Dendoncker qui aurait rapporté davantage que celles de Stanciu et Hanni cumulées...